« Auroville n’a de sens que dans la mesure où chacun et chaque pays bâtit Auroville en soi. Ce n’est pas un modèle de ville lointaine : c’est un nouveau type d’association ou de communication collective. Et comme ce n’est pas un modèle mental, que l’on met sur des rails une fois pour toutes, ce nouveau type de collectivité doit grandir spontanément, se modeler spontanément, selon les nécessités propres à chaque pays et les qualités particulières de chaque pays. Il faut seulement faire un premier pas – aller pas à pas, et les circonstances-mêmes créent le pas suivant. Surtout pas d’idée préconçue ni de schéma : c’est une espèce nouvelle à bâtir, pas une petite église avec des idées agréables et commodes. Auroville-Inde reste comme une première entreprise que chacun peut et doit aider, une sorte de premier laboratoire où l’on peut déjà trouver des indices : mais ce n’est pas Auroville là-bas qui importe essentiellement : c’est Auroville LÀ OÙ ON EST. Et d’abord dans son propre cœur et sa propre expérience.

On peut s’embarquer quelques-uns, sans trop bien savoir où l’on va et comment on y va, mais si l’ardeur est sincère, si la volonté de réalisation est pure, Mère prendra de vos mains l’effort et lui donnera une direction et une ampleur inattendues. Tout dépend de la mesure dans laquelle QUELQUES ÊTRES peuvent se mettre sincèrement et avec enthousiasme au service du nouveau monde à bâtir. Si l’on veut faire une petite Église ou une petite secte ou un petit groupe, un petit ashram de plus, on aboutit à l’une de ces innombrables inutilités charitables qui stagnent, se pétrifient en odeur de sainteté et se décomposent.

C’est une nouvelle vibration qu’il faut INCARNER, un nouveau mode de “ tendre ”. Oui, c’est une Aventure.

– La carte du nouveau monde n’est pas faite d’avance –
 Alors, Auroville-Canada et Auroville-Inde peuvent marcher main dans la main avec d’autres innombrables points de Vérité à travers le monde, et tous ensemble, invisiblement réunis par le fil d’or de l’Expérience, pousser lentement, ou rapidement, sur les portes du Nouveau Monde.

La survie dépend de la capacité d’INCARNER, de VIVRE, l’expérience. On ne sait pas vraiment quelle est l’expérience, mais il faut tendre vers. Auroville-France commence à clignoter un peu véridiquement. Il faudrait que toutes ces petits phares de Mère, ces petites lumières du Nouveau Monde, balayent de plus en plus la nuit terrestre, se croisent et se recroisent, et forment un petit réseau de l’HARMONIE NOUVELLE. Il faut commencer quelque part, Mère fera le reste. »

Extrait d’une lettre de Satprem , datée du 7.11.78  et adressée à l’association du Canada